The Script of : Gerry Conway, enfant de tout âge
Le légendaire scénariste de comics Gerry Conway a eu une carrière bien fournie, Watchful nous propose de nous la raconter dans ce Script-of.
Nous venons d’apprendre avec beaucoup de tristesse le décès de Gerry Conway à l’âge de 73 ans. Il est alors important pour nous de rendre hommage à la carrière prolifique de ce grand nom des comics, qui aura écrit quasiment tous les titres possibles chez DC et Marvel. Plongez donc dans la carrière de ce géant, dans cette chronique écrite par Watchful il y a plusieurs années pour DCPlanet.
Reconnu aujourd'hui pour la mort de Gwen Stacy, Gerry Conway est loin de ne s'être arrêté à l'écriture de l'homme araignée. S'il partage une passion pour ce personnage, ses nombreuses créations font de lui un créateur de renom encore actif dans l'industrie. Cet homme aux multiples facettes n'a de limite que sa curiosité. Poussé par cette envie de découverte, le scénariste que nous nous apprêtons à découvrir est également scénariste, story-teller, auteur et a enseigné à de multiples reprises. Grand amoureux du cinéma de Hitchcock, Gerry Conway est avant tout un auteur passionné. Il décrit son parcours comme une chance qu'il a saisie. L'écriture est plus qu'une passion et un don. Il n'hésite pas à la défendre et dénonce toute forme de schéma instauré dans les comics comme au cinéma. Paradoxe, puisqu'il reste un amateur des séries de la CW (c'est du moins ce qu'il laisse paraître). Malgré tous ses acquis, Gerry Conway est loin d'établir un fossé entre le scénariste et le lecteur. Modeste et à l'écoute, il possède ce franc parler que bon nombre d'artistes n'ont pas. Il n'oublie pas d'où il vient, et donne en exemple son vécu pour mettre en garde de jeunes scénaristes afin de ne pas tomber dans les pièges tendus par des producteurs ou l'esprit malsain du système industriel du comics.
1. La naissance de la tragédie
Écritures précoces
Gerard Conway voit le jour le 10 Septembre 1952 à Brooklyn. Deuxième génération issue de grands-parents irlandais, il a eu cette chance de connaître la fin du Silver Age chez DC et cette apparition d'une concurrence féroce avec les débuts de Amazing Spider-Man, des Fantastic Four. Il découvre ce monde des comics à travers Fantastic Four #4, acheté dans un super-marché. De retour chez lui, il le dévore et y retourne acheter le numéro précédent, encore disponible dans les rayons, et ne s'est jamais arrêté de suivre le titre depuis. Par ailleurs l'une de ses lettres sera retenue dans le numéro 50, où Gerard Conway nous parle de son enthousiasme face à l'apparition des Inhumains et de son amour pour Black Bolt (il faut dire qu'à cette époque, Marvel était inspiré), et souhaite avoir des précisions suite à quelques informations quand à une possible adaptation de héros Marvel encore inconnus, au cinéma. La hype était déjà forte en 1976. Stan Lee lui répondra évidemment que rien n'est encore sûr, mais ces négociations ne mèneront nulle part, rien ne sera signé et Stan Lee réfléchira encore à cette opportunité probablement gâchée (je vous conseille de jeter un coup d’œil au premier film Doctor Strange). Gerard n'a encore que 14 ans, il lit des comics, comme vous et moi.
Au milieu des années 60, un été, Gerard Conway souhaite découvrir les locaux où sont réalisés les comics qu'il dévore. Il arrive donc chez DC Comics. Les portes étant ouvertes, il frappe et se propose en tant qu'assistant le temps de quelques semaines. N'étant pas bon dessinateur, Conway était dores et déjà décidé à écrire des comics. Sa confiance en lui malgré son jeune âge en surprit plus d'un. Passant d'éditeur à éditeur, il finit par avoir Dick Giordano en tant que responsable. L'année suivante, il finit par vendre sa première histoire publiée chez DC Comics, dans House of Secrets #81. Ce titre d'horreur est une compilation d'histoires indépendantes, ayant pour seul rapprochement cette maison et plus ou moins présentés par ces personnages que sont Cain et Abel. Cette première histoire raconte celle d'un homme en fuite, après avoir pris une photo. Cherchant refuge il entre dans cette maison et disparait.
Il s'agit d'une première histoire brève, et si l'on ne s'attache aucunement aux personnages, le jeune scénariste a déjà une maitrise de la page et de la manière dont on fait ressentir la peur à travers un comics de ce type. Gerard devient alors Gerry Conway. Il poursuit son début d'aventure chez DC avec le numéro 83 de House of Secrets. Alors que DC lui confie un numéro de Secret Hearts, Roy Thomas demande à Stan Lee de mettre son jeune prodige à l'essai. Stan décide de le mettre sur Chamber of Darkness, un autre titre d'horreur. Gerry Conway restera entre les deux éditeurs perçu chez l'un comme chez l'autre comme un second couteau capable de livrer une bonne histoire si besoin est. DC lui confie deux numéros de Phantom Stranger où il reste dans ce domaine du suspense, et une courte histoire dans le premier numéro de All-Star Western #1, en plus des nombreux titres d'horreur qui ont vu son nom écrit : House of Secrets, The Witching Hour ou encore Tower of Shadows chez la concurrence.
I Love You Roy Thomas
Chez Marvel, Stan Lee est fatigué de l'écriture de nombreuses séries et n'avait confiance qu'en Roy Thomas. Il était le seul à écrire à cette époque les titres phares de la maison aux côtés du Man. Par la force des choses, Roy Thomas, qui voyait en Gerry une sorte de jeune prodige, le laissa prendre le titre Daredevil en Janvier 1971. Avec Gene Colan au dessin, Gerry Conway relança le titre avec des aventures fantastiques. Il enfonce le clou en associant Daredevil à Black Widow, réinventée pour l'occasion. Il dit : "Je crois que la Black Widow de Gil est la première femme sexy, forte et indépendante des comics." Gerry récupère également Iron Man en Mars, puis le Sub-Mariner. Si Iron Man remplit le job, Marvel est dans une situation délicate. Le Comics Code se fait sentir, et voir le Sub-Mariner lancer des morales écologiques à chaque numéro ne plait pas. Marvel devient de plus en plus un moyen de diffuser des morales clichées par ses personnages. Les aventures extraordinaires deviennent des messages éducatifs. Fin 1971, notre scénariste récupère Thor. Beaucoup diront qu'il s'agit d'une simple copie des aventures écrites par Jack Kirby. L'on peut y voir un hommage, un épilogue de cette période où les grandes aventures cosmiques étaient répandues. D'autant plus qu'il s'agit sur les derniers numéros d'une saga étendue menant à l'exil du personnage sur Terre, et l'application du Ragnarok.
Entre temps, Gerry Conway réalise l'un de ses rêves, et écrit Amazing Adventures #9, mettant en avant le personnage de Black Bolt. Il rend son boulot dans les temps malgré un nombre important de titres. Et devient en quelque sorte un bouche-trou chez l'éditeur. Gerry s'en moque et ne se lasse pas d'écrire des aventures sur bon nombre de personnages. Il est encore jeune, et se plait dans ce train de vit où il ne cherche qu'à améliorer l'écriture de ses histoires. Durant cette période il commence déjà à s'intéresser à la littérature et à l'écriture des nouvelles fantastiques, au final très similaires à ses courtes histoires d'horreur. Avril 1972, suite aux soucis rencontrés par Marvel, Stan Lee décide de lancer de nouveaux titres. Ce qui n'a pas été fait depuis un certain temps et reste donc très susceptible d'être la solution pour relancer la maison d'édition. Si Roy Thomas se base sur des travaux de Jack Kibry pour créer Adam Warlock, Gerry Conway, en plus de reprendre le titre Captain America le temps de quelques numéros, s'inspire de ses premiers travaux et lance Tomb of Dracula. Il n'écrira que les deux premiers numéros avant de laisser la main à Marv Wolfman qui s'éloignera de l'histoire de vampire classique mise en place.
Toile de sang
La réputation de bouche-trou au sein de Marvel a du bon. Après que Roy Thomas ait écrit quelques numéros de Amazing Spider-Man, Gerry récupère le titre ainsi que Fantastic Four, remplaçant Stan Lee. L'homme à la tête de Marvel réalisait qu'il se devait de lâcher ses titres et abandonner l'écriture. Il débute son run sur Spider-Man avec un retour à l'esprit urbain et dirige l'histoire vers une guerre des gangs et en dissociant le héros et les forces de l'ordre. En plein milieu de l'année, Len Wein se sépare de son ami de toujours, Marv Wolfman, pour vivre en colocation avec Gerry Conway. Si Len Wein restait chez DC pour travailler sur des comics d'horreur, Gerry avait laissé tomber DC pour écrire uniquement chez Marvel. Il multiplie ses créations et lance le titre Werewolf by Night. Des histoires d'horreur classiques se focalisant sur un même loup-garou. Gerry Conway gagne en réputation et a publié son premier roman, Midnight Dancer. Il assiste, enseigne et fait quelques apparitions dans des universités comme à l'Université de New-York ou encore celle d'Indiana. Il fait également quelques apparitions dans des lycées pour raconter son parcours et inspirer une nouvelle génération de lecteurs.
1973, Gerry Conway a gagné la confiance de Stan Lee. Les meilleures ventes lui sont réservées ainsi qu'à Roy Thomas. Ils portent ensemble la réussite de la boîte. Cela ne les empêchait pas de trouver le ton de toutes ses séries un peu monotone. Déjà soumis au Comics Code Auhtority, Stan Lee souhaitait une unité scénaristique par un statu-quo. Roy Thomas et Gerry Conway ont alors cherché ensemble un moyen de chambouler le titre Amazing Spider-Man. La première idée apparue était la mort d'un personnage. Tante May était le choix le plus probant. Jusqu'à ce que John Romita, le dessinateur, entende parler de cette idée. Il suggéra de tuer Gwen Stacy. Conway adopta tout de suite l'idée. La mort de Gwen Stacy, plus qu'un événement marquant l'histoire des comics, est un moyen pour le scénariste de faire du titre Spider-Man son œuvre. Le personnage de Gwen Stacy n'est nul autre qu'une retranscription de la femme de Stan Lee comme l'est Sue Storm, selon Conway. La femme parfaite que ne peut avoir un personnage comme Peter Parker.
Suite à l'apparition de cette idée, Conway s'intéressa immédiatement au personnage de Mary-Jane Watson. Selon lui, Gwen était la femme parfaite, l'idéal féminin de l'époque, ce qui ne concorde pas avec le personnage imparfait de Peter Parker. L'on peut voir ici comme une concordance entre Conway et l'esprit de Steve Ditko qui voulait rester dans cet esprit d'un personnage qui réfléchit, sans trouver sa place dans ce monde. Conway ramène ce Peter Parker pour recommencer, et intégrer Mary-Jane afin que Parker puisse trouver une vie plus réaliste que cette vie parfaite menée avec Gwen. Stan Lee s'était définitivement détaché de ses titres. Il laissait une totale liberté aux artistes, tant que les ventes restaient ce qu'elles étaient. Suite à cet accord rapide, Gil Kane prêta main forte à l'équipe artistique du titre, et imaginèrent la célèbre scène. Snap ! C'est ainsi que fut publié The Amazing Spider-Man #121.
L'histoire ne s'arrête pas là. La réaction des fans fut terrible. Pour la première fois dans l'histoire des comics, un personnage principal trouvait la mort. Même si Gwen semble secondaire aujourd'hui, à l'époque, Gwen Stacy était la petite amie rêvée de tout lycéen et étudiant lisant des comics. Conway reçut de nombreuses menaces de mort, et Stan Lee dit n'avoir rien appris en rapport à la mort du personnage, avant de promettre que celle-ci reviendrait aux journalistes. Chose qui sera faite, plus tard, dans une saga bien connue du public. Cette réaction de la part de Lee marqua profondément Gerry Conway comme Roy Thomas. De plus, Gerry Conway ne se rendait plus à aucune convention suite aux menaces.
2. L'homme révolté
Premiers battements d'ailes
Le scénariste grandit. Il gagne beaucoup en expérience par ses travaux. A 20 ans, il réussit à écrire environ 9 titres par mois, et commence durant l'année de 1974 à intégrer quelques éléments plus matures. On remarque une seconde lecture plus approfondie, avec un message politique. Il s'intéresse à la création d'ennemis et s'inspire de ses lectures pour créer le personnage du Punisher. Conway multiplie la création de personnages similaires au passé ayant ce même point commun. Un personnage reniant son pays, le haïssant pour une certaine raison. Une sorte de parallèle se forme entre ses créations et Stan Lee. Depuis l'effet provoqué par la mort de Gwen Stacy, Conway savait qu'il ne pouvait pas réellement compter sur cet homme uniquement prêt à récolter la gloire. Une forme de désillusion se forme chez le scénariste, et va multiplier les événements marquants, cette fois-ci dans Fantastic Four où Mr. Fantastic et Sue Storm divorcent. Sue attendra que Reed comprenne les responsabilités qu'amènent le titre de père. Autre parallèle avec cette relation entre Gerry Conway et Stan Lee. Conway qui depuis son plus jeune âge admire Stan Lee, découvre que celui-ci ne compte finalement pas pour lui.
On a tendance à classer à tort Gerry Conway parmi la nouvelle vague de scénaristes de milieu 1970, et donc dans la bande de Jim Starlin. Hors, il faisait parti d'une certaine élite, en particulier par l'amitié qu'il entretenait avec Roy Thomas. Cette nouvelle vague qui comprenait Jim Starlin, Steve Englehart et Alan Weiss étaient vu comme des toxicos, cherchant l'inspiration à travers le LSD. Ces scénaristes vus comme la vague de hippies se droguant à longueur de temps étaient pourtant très mal vus par Gerry Conway. Par ailleurs, la drogue est une thématique qu'il a fortement critiqué à travers The Amazing Spider-Man grâce au personnage de Harry Osborn tombant dans cette dépendance au LSD. Il entrainera dans sa chute son père, Norman, succombant à ses pulsions le poussant à revêtir le costume du Bouffon Vert.
Les problèmes ne font que commencer. 1975, Stan Lee donne le poste d'éditeur à Marv Wolfman et à Len Wein. Deux nouveaux venus chez Marvel. Gerry Conway le prend très mal. Travaillant très dur pour la maison des idées, remplaçant quiconque le souhaite, il se sent de nouveau trahi. Il continue alors à écrire, et alors que Steve Gerber proposait de redonner vie à Gwen Stacy dans Tales of Zombie, Conway la fit réapparaitre dans The Amazing Spider-Man grâce au personnage du Chacal. Ce dernier la clone car il était jaloux de cette relation entre elle et Parker, il créé également un clone de Peter Parker, ce qui donnera naissance à une saga mémorable des années 90. Stan Lee remarque le retour de Gwen Stacy ainsi que son nouveau départ accompagné d'adieux à Peter, et trouve cela ridicule.
Conway était de plus en plus découragé. Une lueur d'espoir apparait lorsqu'il apprend que le personnage du Punisher allait avoir sa propre série. Roy Thomas lui avait promis qu'il serait éditeur si son personnage allait avoir sa série régulière. Seulement, Marv Wolfman occupait le poste. Ne pouvant qu'obtenir le poste de scénariste, Conway scénarisa un numéro de Tigerman pour Atlas Comics et travailla le mois suivant pour DC. Marvel était derrière lui... Pour un court moment.
Légende en exil
Gerry Conway arrive chez DC en Octobre 1975. La maison a eu quelques troubles ces derniers temps, Jack Kirby venait de claquer la porte et personne n'est là pour terminer le Kamandi #34. Conway accepta de reprendre le titre. D'office, Conway remarque une grande différence entre les deux maisons. Chez Marvel, pour écrire une série, il suffit d'écrire le synopsis numéro par numéro. Chez DC, le travail est plus difficile. L'on doit scénariser page par page, écrire ses dialogues. Il avouera plus tard avoir travaillé de cette manière sur chaque série à l'exception du titre Fury of Firestorm The Nuclear Man et de ses numéros de All Star Comics qu'il dira avoir écrit à la sauce Marvel. Il apparait alors sur des titres comme Swamp Thing, et lance dès le mois suivant son arrivée chez DC, en tant qu'éditeur, le titre Super-Team Family avec Paul Levitz, écrit les premiers numéros de Hercules Unbound accompagné de José Luis Garcia-Lopez, ainsi que le premier numéro du titre Man-Bat.
S'il est crédité comme éditeur, Conway reste toujours dans ce statut de second couteau, efficace pour reprendre des titres rapidement. Ce qui ne l'empêchera pas dès Décembre 1975 de publier son premier numéro de Justice League of America. Le premier numéro d'un long run de 8 ans. Le plus souvent accompagné de Dick Dillin au dessin. Une évolution constante se fait ressentir à travers les numéros. On notera quelques créations farfelues de l'auteur comme Anton Allegro. Une sorte de Music Meister des années 70. Un ennemi peu connu, mais charismatique. Un détail qui nous laisse comprendre les raisons de la durée de ce run : Conway fait parti de ces rares auteurs à posséder une imagination incroyable et capable de nous surprendre chaque numéro sans utiliser de cliffhanger improbable. Simplement, par le fait de ne pas savoir quel voyage le lecteur allait réaliser dans le numéro suivant. La maitrise des genres fait qu'il est capable de varier à sa guise le ton de ses récits et mettre l'équipe dans diverses situations. Un scénariste imprévisible.
1976, grande année. DC et Marvel s'allient et réalisent le rêve de nombreux enfants et créent leur premier crossover associant Superman et Spider-Man. Les maisons d'édition se sont accordées à choisir un auteur ayant déjà travaillé chez l'un comme chez l'autre. Gerry Conway était le scénariste idéal. Si cette rencontre peut paraitre cliché, voir même ridicule aujourd'hui, elle marque un sacré tournant dans la vie de Gerry Conway. Il gagne en popularité et devient le scénariste du moment. L'aventure en elle-même est simple. Conway avait pour objectif de faire apparaitre un maximum de personnage des deux univers. On verra donc le background des deux héros se rencontrer tout comme leurs ennemis. Simple, mais efficace, l'on dirait aujourd'hui qu'il s'agit uniquement de fan-service.
Février 1976, Gerry Conway créeé le personnage de Power Girl. Le scénariste est à l'origine du design du personnage dans All Star Comics #58, suite à une demande de l'éditeur d'amener dans le titre un équivalent de Superman. Dans plusieurs interviews, il se dit fier de son travail sur All Star Comics réalisé avec Paul Levitz. En Mars, dans 1st Issue Special #12, Gerry Conway réinvente Starman et donne au héros une troisième identité : Mikaal Thomas. Un personnage dont l'on n'entendra plus parler avant la série de James Robinson en 1994. Le mois suivant, Conway lance le titre Freedom Fighters. Il écrit pour de nombreuses séries le temps de quelques numéros dont Plastic Man, Metal Men, Tarzan, Superman, mais également Action Comics.
Le Grand Nettoyage
Conway se plaisait chez DC, mais n'avait pas pour autant délaissé son ami Roy Thomas. Ce dernier était resté chez Marvel et venait d'accepter le titre de rédacteur en chef. Le problème était qu'il ne voulait plus rester ici. Non pas que son travail lui déplaisait, mais Thomas a toujours été amoureux de la Californie au point d'en louer un appartement. Il prit son téléphone et appela Stan Lee pour lui dire qu'il ne reviendrait pas de Californie. Il se souvenait de Gerry Conway, et suggéra à Lee d'en faire son rédacteur en chef. La panique montait. Conway n'avait d'autre choix que de retourner chez Marvel. Il arriva chez Marvel et découvrit que beaucoup de choses avaient changé. La maison des idées avaient multiplié les titres et donc les effectifs. Des dizaines de scénaristes faisaient comme bon leur semblait et ne respectaient plus les délais. Marv Wolfman et Len Wein ne donnaient aucune directives, aucune forme de hiérarchie n'était respectée. Conway avait une revanche à prendre.
Il allait prendre les choses en main. Il commença par reprendre les titres Defenders et Avengers. Il lance également le titre Spectacular Spider-Man. Et ceci, tout en travaillant pour DC sur des titres comme Superman ou Superboy. Conway remarque que de nombreux frais sont causés par le retard de certains artistes. Il enleva McGregor de Jungle Action pour arrêter la série, et donna au personnage de Black Panther sa propre série dessinée et écrite par Jack Kirby. Il eut une discussion avec Jim Shooter en rapport aux décisions prises quant à Len Wein. Conway ferma la porte et dit à Shooter "Cet enfoiré m'a n*qué, je vais me débarrasser de lui". Il retira Fantastic Four à Wein, puis Spider-Man, puis Hulk, et Len Wein quitta Marvel pour DC avec Wolfman. Sans eux, Conway pense avoir les moyens de redonner à Marvel ses lettres de noblesse avec l'aide de Jim Shooter. Plusieurs problèmes persistent.
Gerry Conway était intransigeant. La deadline devait être respectée, sans quoi le scénariste était viré. De plus, les artistes présents chez Marvel ne voyaient Conway que comme un scénariste de chez DC. Une frontière venait de se dessiner entre les deux maisons, et les artistes voyaient d'un mauvais œil Conway en plus du fait qu'il vienne chambouler le désordre auquel ils étaient habitués. Jim Shooter dira qu'avant l'arrivée de Conway, Marvel publiait très peu de bon comics. Conway défendait pourtant ses artistes en difficulté, envoyant même une demande au CCA pour des problèmes de dialogues auprès d'un numéro des Inhumains. Starlin qui rendait toujours ses scénarios le jour même demandait à Conway plus de temps, inquiet des modifications apportées sur son titre Warlock. Conway refusa. Starlin partit. Avec l'aide de Englehart et Weiss, ils appelèrent Stan Lee pour qu'il règle le problème qu'était devenu pour eux Conway.
Aucune réaction de la part de Lee ne sera faite, ni nécessaire. Conway démissionna après un mois. Beaucoup rirent du fait que Conway n'ait tenu qu'un mois le poste de Rédacteur en chef. Mais les impacts sont nombreux. En un mois, le jeune scénariste de 24 ans s'est opposé au CCA limitant la censure de dialogues, remit de l'ordre dans les lignes éditoriales de chaque série, et remit Marvel sur de bons rails. En un mois, Conway aura nettoyé tout le bazar créé par Wolfman et Wein durant plus d'un an. Il avouera plus tard qu'il n'imaginait pas qu'occuper ce poste serait une expérience aussi désastreuse.
Archie Goodwin prendra le poste, et essayera de limiter les dégâts de ce départ abrupt. Il demandera alors à Gerry Conway d'écrire les titres qu'il souhaite. Il accepta en pensant quitter Marvel de manière définitive et prit Peter Parker, The Spectacular Spider-Man, Mrs. Marvel (le temps des deux premiers numéros), The Avengers et Captain Marvel pour emmerder Steve Englehart, The Defenders qui était à Gerber et Ghost Rider dont le scénariste ne voulait plus. Des séries dont il se délestera au bout d'un an.
3. Retour au bercail
Tu peins des chansons à la décibel
Conway retourne chez DC. Cette expérience l'a abattu, et il passe en roue libre. Il accepte toutes les conditions des éditeurs. Il écrit alors des aventures de Wonder Woman lors de la seconde guerre mondiale pendant un temps, afin de concorder avec l'esprit de la première saison de la série télé avec Lynda Carter. Il enchainera avec deux numéros spéciaux en grand format où Superman s'oppose à Wonder Woman, puis quelques mois plus tard, à Shazam. Conway devient alors une référence au sein de l'industrie. Il décide de reprendre l'histoire des New Gods de Kirby. Les retours ne seront pourtant pas élogieux. Les ventes sont faibles, mais Conway veut aller jusqu'au bout, et finir le travail de Kirby, à sa manière. Le soucis majeur de cette prolongation est que Conway en fait un récit d'aventure classique et supprime tout le space-opera et la dimension cosmique de Kirby. Orion devient un super-héros lambda, seul l'histoire principale est conservée et la relation père/fils étudiée. De plus, la publication est anarchique. L'on commencera avec un 1st Issue Special, puis la numérotation de base du titre New Gods, puis les deux dernières parties de la saga seront publiées presque un an plus tard dans deux numéros de Adventure Comics.
Mars 1978, Gerry Conway lance une nouvelle création sous forme de mini-série en 5 numéros, avec Don Heck : Steel, The Indestructible Man. Ce même mois, le premier titre Firestorm voit le jour. Accompagné de Al Milgorm, Conway ne perd pas de temps et intègre ce personnage au DC Universe en faisant apparaitre Superman dès le troisième numéro, celui-ci lui proposant de rejoindre la Justice League (titre également écrit par Conway). La série s'arrête brutalement, alors qu'un sixième numéro venait d'être encré. Les planches prendront la poussière dans les locaux.
Conway ne s'arrête pas là et se met à créer le personnage de Vixen dans Action Comics, et la fera réapparaitre dans ce même titre avant de réinventer la Justice League à partir de ses nombreuses créations. Il poursuite son aventure avec Superboy qu'il associe à la Légion. Puis Gerry Conway s'attaque à Batman et Detective Comics au début des années 80 où il créée Killer Croc et Jason Todd, avant que celui-ci ne soit complètement réécrit par Jim Starlin. Il écrit durant une année The Flash, et fait réapparaitre sa version des New Gods en Octobre 1980 dans le numéro de Justice League of America #183. Un numéro lançant une saga cosmique opposant Darkseid à une association entre la Justice League, la Justice Society et les New Gods. Jamais Gerry Conway n'a aussi bien réussi à maitriser cet univers ailleurs que dans cette saga. New Gods trouve sa conclusion ici.
1981, l'auteur se focalise sur le Légion des Super-Héros et The Brave and the Bold dans laquelle il fera apparaitre à plusieurs reprises Firestorm, son héros qui multiplie les apparitions depuis son intégration au sein de la Justice League en Juin 1980. De retour sur le titre Wonder Woman, il y développe la découverte de la peine amoureuse avec le personnage de Diana qui retourne sur Themyscira pour reprendre confiance en elle et réussir à surmonter sa douleur.
On arrive alors en 1982, l'année de l'incompréhension. Gerry Conway se lance dans de nouvelles séries à but purement publicitaire. Atari Force voit le jour. Ce titre n'a rien de particulier si ce n'est se baser sur l'ensemble des clichés que l'on peut tirer d'un jeu vidéo. Un vaisseau ridicule représentant le logo de la marque, et une équipe composée des plus grands clichés de l'époque. La série s'arrête sans surprise cinq numéros plus tard. Entre temps, Roy Thomas son ami est arrivé chez DC réaliser l'un de ses rêves, écrire une série sur la Justice Society of America du Golden Age. Ainsi nait All-Star Squadron. Gerry Conway l'assistera le temps de quelques numéros.
En plus de cette petite collaboration, à la même époque, les deux amis avaient pour idée de réaliser le premier crossover opposant la Justice League et les Avengers. Le projet est sérieusement envisagé par chacune des maisons d'édition, mais est finalement annulé pour cause de différents entre les deux géants. Ce projet finira par aboutir bien plus tard sous la plume de Kurt Busiek et le crayon de George Perez.
Douce création divine
Retour en 1982. Fury of Firestorm voit le jour. Conway a enfin la série régulière qu'il désirait, et surtout une deuxième chance. Cette fois-ci, c'est la bonne. Au fil de la lecture, arc narratif après arc narratif, l'on sent comme une grande évolution dans l'écriture de Conway. Certainement est-ce du au fait qu'il s'agisse de son œuvre la plus personnelle dans le milieu des comics. D'ailleurs, il dit encore aujourd'hui qu'il a l'impression que ce personnage n'a jamais évolué depuis qu'il l'a laissé, contrairement au Punisher ou Vixen, il a cette certitude qu'aucun scénariste n'a réussit à le comprendre. Alors que la première série possédait quelques thématiques mais restait classique dans son ensemble, cette série a pour objectif de corriger les erreurs de la première et de développer des relations. Créer une évolution continue des personnages, et ce sur chaque plan.
Nous suivons donc les relations, parfois étranges, de Ronnie, toujours ce rapport père/fils, cher à Conway sur New Gods, et sur la fin une légère critique politique quand à la Guerre Froide. Cette thématique sera bien plus étudiée par Ostrander lorsqu'il reprendra le titre. On notera que le numéro 50 considéré comme un numéro anniversaire voit un personnage secondaire tomber sur la nuque lors d'un match de football américain. Celui-ci finira paralysé. Lors de la chute, l'onomatopée utilisée est "Snap". Une petite référence délicate à son travail sur Spider-Man, qui lie bel et bien Peter Parker à Ronnie. Après avoir lâché la série au cinquante-troisième numéro, Conway reviendra célébrer le centième en 1990 avant de laisser son personnage jusqu'à aujourd'hui.
1984, Conway se perd chez DC. Il lance de lui-même une nouvelle série Atari Force en modifiant entièrement l'équipe. Série de science-fiction des plus basiques, des personnages sans la moindre personnalité et au charisme relevant du bandeau dans les longs cheveux blonds du héros. La série n'en est pas mauvaise en soi, elle est d'ailleurs bien supérieure à la première, mais fait parti de ces séries pour enfant de l'époque que l'on ne peut plus lire aujourd'hui.
Dans la même veine, où l'on se demande même s'il ne s'agit pas de la même série : Sun Devils. Cet autre titre a la particularité de voir arriver un certain Dan Jurgens au dessin, et le jeune virtuose du crayon était déjà assez impressionnant. Là aussi, l'on se retrouve avec un récit de science-fiction classique, réservé aux plus grands fans de Battlestar Galactica. Pour autant qu'il s'agisse d'une série plus ou moins prévisible, la mise en page est le découpage des cases est très soignée. Certains personnages sont dignes d'intérêts quand aux relations qui s'établissent au sein de l'équipe. L'on se laisse surprendre par les situations inattendues que nous tend le scénariste.
Durant cette même année, Conway fait bouger la Justice League et modifie la composition de l'équipe. Avec Gang War, Vibe intègre l'équipe ainsi que Gypsy et Steel. Les membres les plus connus ont disparu, ne reste plus que Zatanna et Martian Manhunter, qui seront accompagnés de Batman pour leurs dernières aventures avant un événement des plus importants pour la Justice League, en 1986.
4. Fin ouverte d'une carrière infinie
Périple télé-visuel
Gerry Conway quitte Justice League, mais ne s'arrêtera pas d'écrire des comics. Quelques numéros dont les derniers DC Challenge, ou la fin du titre Thundercats. Il se focalise sur l'écriture d'épisodes de dessin animés. Il fera ses premiers pas avec le dessin animé G.I. Joe et en écrira cinq épisodes entre 1985 et 1986. Il écrira deux épisodes pour le dessin animé Transformers, et bien plus d'autres dessins animés de l'époque où vendre des jouets était le principal objectif. Je ne cacherai pas le fait qu'il a écrit pour le premier dessin animé My Little Pony. Et quatre épisodes, le bougre !
Entre temps, Conway avait déjà eu une expérience dans le milieu du cinéma. En effet, il a écrit le scénario de Ice & Fire (Tygra...) sorti en 1983, ainsi que le scénario du film Conan The Destroyer avec l'aide de Roy Thomas. En 1987, des producteurs vont chercher Roy Thomas et Gerry Conway. Connus pour leur parcours, ils leur demandent d'écrire une histoire pour une possible adaptation de héros Marvel au cinéma, la maison leur demande de s'intéresser aux X-men. Évidemment, Roy Thomas et Gerry Conway sont excités à cette nouvelle et se lancent dans cette aventure ensemble. Les producteurs précisent qu'ils ne seront payés qu'une fois le scénario rendu. Comme l'on peut s'en douter aujourd'hui, ce projet n'a jamais vu le jour, et les deux compères se sont retrouvés sans le sous. Cependant, ce n'est pas là ce qui a amené le refus. Gerry Conway a expliqué que ces producteurs cherchaient des scénaristes dont l'écriture étaient conforme au cinéma de divertissement. Ces producteurs cherchaient un scénario en trois actes.
Mais en dehors du point de vue de Conway, on apprendra plus tard que ces producteurs proviennent de New World Entertainment. Ceux ci ne connaissaient rien aux comics et n'avait que pour seul objectif de faire de l'argent et voyaient Marvel comme une mine d'or. Ils ont rejeté ce scénario des X-men, ainsi qu'un autre centré sur le Doctor Strange. Un jeune scénariste prit rendez-vous avec l'un de ces producteurs et leur suggéra de faire un film sur le Punisher. Le personnage avait le vent en poupe et possédait deux séries chez Marvel. Le scénario fut écrit en à peine deux jours et la production lancée de suite. Vous connaissez le résultat et comprendrez pourquoi l'expérience n'a pas été réitérée.
Tout ceci nous amène en 1990. Cette fois, les dessins animés, c'est fini (ou presque). Conway se focalise sur les séries télés, et plus particulièrement le policier, le thriller. On le retrouvera sur des séries tel que Monsters, Le Père Dowling, Law and Order, Two, ou encore Pacific Blue. Fin 90, il écrit quelques téléfilms, et retourne aux séries télés avec cette superbe série qu'est Hercule, avant d'arriver sur New York Police Judiciaire, et sa variante Section Criminelle où il écrira plus de vingt épisodes !
On n'oubliera pas de mentionner l'épisode de Batman The Animated Series dont il est le scénariste. Le vingt-sixième épisode de l'ordre dit "idéal". Cet épisode appelé "Rendez-vous dans la rue du Crime" est inspiré d'une histoire de Dennis O'Neil qu'il a écrit en 1976 pour le Detective Comics #457, un numéro sorti peu de temps avant la publication d'une histoire de Gerry Conway sur ce même titre. Il a également écrit le premier épisode du dessin animé M de cette même décennie Le Lézard de la Nuit.
Nostalgie de la concurrence
Entre ce passage de série animée et série live, notre scénariste retournera chez Marvel le temps de deux années réaliser ce qu'il considère comme son chef d’œuvre. Il écrira Spectacular Spider-Man et Web of Spider-Man. Cette seconde est liée au titre Amazing Spider-Man et forment ensemble les deux principaux titres de l'homme araignée. Le rôle de Conway est donc majeur. Il donne au titre un réalisme surprenant. Parker n'est plus l'unique personnage à suivre ou à s'attacher. Il a une relation sérieuse avec Mary Jane, vit chez sa tante en attendant de trouver leur premier appartement, et croisent à de nombreuse reprises la cousine Watson atteinte de boulimie. Conway pointe violemment du doigt cette maladie, tout comme la présence encore actuelle de mouvement nazis et propos racistes, tout comme les conséquences créant une haine entre les populations de couleurs différentes.
On peut y voir les conséquences de l'expérience acquise et remarquée suite au titre Fury of Firestorm. Le message social est plus explicite, l'écriture plus profonde, Conway donne au personnage de J.J. Jameson des origines aussi touchantes que surprenantes, transformant le regard du lectorat envers le directeur du Daily Bugle. Parmi ces numéros, l'un d'entre eux se démarque en se focalisant sur le thème de l'horreur, si cher à Conway. Ces épisodes, en plus de marquer l'arrivée de Mark Bagley, s'inscrivent parmi les meilleures lectures du personnage de Spider-Man. La série animée s'inspire pour de nombreux épisodes de numéros et arcs narratifs de ce run de Conway. Le scénariste ne s'arrête pas là. En 1989 est publié Spider-Man Parallel Lives, un Graphic Novel ayant pour but de réécrire les origines de Peter Parker. Rien de bien transcendant. Conway reste fidèle aux origines classiques en mettant l'accent sur la vie de Mary-Jane, et bien évidemment sa relation avec Peter.
Mars 2014, le synopsis de la série TV Gotham est dévoilé. Conway réagit, et parle d'un projet qu'il avait proposé à DC Comics en 2010. Un projet appelé "Arkham Academy". Une série s'intéressant aux années inexplorées du personnage de Bruce Wayne, où l'on suivrait sa première année suite au traumatisme du meurtre de ses parents. Révélant ce qui l'a conforté vers cette transformation en Batman. Prévu comme une maxi-série. Deux histoires, une mettant en scène Batman dans le présent, enquêtant sur un meurtre près de l'endroit où se déroulera l'histoire en parallèle, étant cette première année et la tentative de s'intégrer à une société dans laquelle il ne se sent pas à sa place. Le tout évidemment, associé à une aventure mystérieuse. Conway ne crie pas au vol, mais soupçonne la chaîne de s'être profondément inspiré de ce projet qui lui tenait à cœur. Ce projet refusé pourrait bien être la cause du départ du scénariste de chez DC, suite à la mini-série Last Days of Animal Man. La même mini-série ayant marqué le retour de ce scénariste en 2009. Il dira lors d'une interview s'être basé sur le travail de Grant Morrison. N'en déplaise aux fans déçus.
Trouble in Message Center
Début 2014, toujours, Conway et d'autres artistes dînent ensemble. Parmi eux, Joe Quesada. Ce dernier demande à notre ancien scénariste ce qui l'a poussé à ne plus écrire de comics. Conway lui répond qu'il n'a jamais arrêté, seulement que personne ne venait le lui proposer et qu'il en avait assez de courir après les éditeurs. Quesada lui suggère alors d'en discuter avec son équipe. Conway est contacté quelques semaines plus tard par Axel Alonso, l'éditeur en chef de Marvel, et accepte d'écrire l'arc Spiral. Puis le titre Carnage, l'année suivante. Le personnage peine à créer une forme d'intérêt chez le public depuis l'échec de Minimum Carnage, et donner le titre à Gerry Conway était bien l'une des meilleures idées. Il fait de cette série un titre d'horreur. Créée une tension continue et joue avec les attentes du lecteur. Nous sommes dans une situation où le personnage principal est la menace et ne peut pas mourir, mais chaque personnage représentant le bien sont sacrifiables. Un retour aux sources pour le scénariste qui nous prouve que l'âge n'est que le manifeste de nombreuses expériences.
Au long de sa carrière, l'auteur aura créé 84 personnages (tout éditeur confondu). De Firestorm à Ben Reilley en passant par Vixen, le Punisher, Atomic Skull ou encore Vibe, il a participé à une certaine élaboration du background de chaque univers, et plus particulièrement chez DC. L'année dernière, le créateur de ces personnages a fait parler de lui. Sur son blog, Conway dénonce la manipulation des droits de création par Diane Nelson. Celle-ci se défendant comme quoi certains personnages se ressemblent et donc ne peuvent avoir été "créés''. Tout ceci, évidemment dans le but de ne pas payer Gerry Conway pour les personnages utilisés par la CW. Pour rappel, les droits de créations donnent les droits du personnage à la maison d'édition. Cependant, pour toute apparition du personnage dans un autre média, cela générera une forme de revenu pour le créateur de ce personnage. Dans cet article, Conway explique avoir reçu une lettre de Diane Nelson expliquant qu'il ne toucherait plus aucun droit de création sur le personnage de Power Girl, étant désormais considéré comme un dérivé de Supergirl. Dérivé ou non, le personnage a tout de même été créé. Et c'est ce que revendique Conway. Il ramène le problème à partir du départ de Paul Levitz. Selon lui, depuis que DC n'est plus gérée par l'artiste, DC est devenue une simple industrie où la productivité est l'unique critère. Il s'agit alors de cette transformation de DC Comics en DC Entertainment, où l'argent et le profit sont roi. Il sera soutenu par d'autres artistes dont Neal Adams. Lui sera bien moins provocateur tout en donnant raison à Gerry Conway. Tout ceci est injuste, mais Adams reste dans l'idée qu'un artiste ne peut rien faire contre ça.
Rapidement, DC le contacte pour discuter de ce coup de gueule poussé. La maison corrige le tir et trouve avec Conway un arrangement. Conway s'expliquera quelques mois après : "J'avais mal interprété cela à cause de mes expériences passées avec eux. Mais il faut être honnête, malgré leurs bonnes intentions, le système n'est pas juste avec les créateurs !". Par ailleurs, Gerry Conway a présenté ses excuses pour la violence de ses propos, mais conserve son opinion. DC lui propose ensuite une mini-série centrée sur sa création, Firestorm, annoncée comme mini-série à part entière, puis publiée dans Legends of Tomorrow. Une mini-série s'adressant aux fans du personnage, pour le simple fait de revoir un court moment le véritable Firestorm. Le titre est d'ailleurs présenté comme tel par son créateur. Ces dernières années nous avons pu le retrouverchez Marvel, sur le titre Spider-Man Renew Your Vows accompagné du talentueux Ryan Stegman, ainsi que sur le What If ? Spider-Man #1 en 2018 et le one-shot The Amazing Spider-Man : Going Big en 2019. En 2023 il sera crédité pour l’histoire de What If...? Dark: Spider-Gwen.
5. Conclusion : Le Vieil Homme et L'Enfant
Gerry Conway est un scénariste d'exception. Le fan ayant réalisé le rêve ultime. L'exemple prouvant que c'est en insistant, en affrontant l'intimidation que l'on créé nos propres opportunités. Et c'est en créant nos propres opportunités que l'on sera capable d'évoluer de la manière dont on le souhaite. Malgré une carrière déjà longue, Conway est de ses artistes dont on retrouve toujours cet esprit dans l'écriture qu'il s'agisse de ce fameux House of Secrets #81 comme cette dernière série Carnage dont il est le scénariste.
Un esprit pouvant nous laisser penser que ces sept pages de House of Secrets sont un aperçu de la maitrise dont il fera preuve plusieurs décennies plus tard. Comme un esprit enfantin aux valeurs pures, Conway défendra l'esprit créatif des scénaristes et dessinateurs. Cet homme a cette capacité de mêler passion, création et organisation. Malgré ses quelques défauts et erreurs, selon le point de vue, l'industrie actuelle du comics, qu'il s'agisse de Marvel comme de DC, auraient besoin de bien plus de personnes comme Conway dans ses rangs.
Que l'on aime son travail ou non, Gerry Conway a marqué l'histoire des comics à plusieurs reprises. Si son œuvre n'est pas irréprochable, elle n'en est pas moins dénuée de talent. Cet artiste laissera derrière lui un héritage bien lourd à nos univers préférés, mais également de biens belles valeurs.
“Write what you enjoy, and write as much of it as you can, and always have a long term goal somewhere in the back of your mind. Develop skills. Find something you're good at and make it your specialty. And always be ready to ask for help. Don't be shy, but don't be overbearing either.”
“Ecrivez ce que vous aimez, écrivez autant que vous le pouvez et ayez toujours un but au long terme dans un coin de votre esprit. Améliorez-vous. Trouvez une chose dans lequel vous êtes bon et faites-en votre spécialité. Et soyez toujours prêt à demander de l’aide. Ne soyez pas timide, mais ne soyez pas lourd non plus.”





















