Les secrets derrière le dernier épisode de la saison 2 de Peacemaker
Le dernier épisode de cette seconde saison était plein de surprises, vous voulez comprendre d'où elles viennent ?
Le moins qu’on puisse dire c’est que l’épisode huit de cette seconde saison de Peacemaker était bien rempli (c’est d’ailleurs un de ses défauts, on en parle ici). Entre la révélation du projet de Lex Luthor et de Rick Flag d’envoyer tous les méta-humains sur la planète prison, nommée Salvation, ainsi que la création de l’agence Checkmate par les 11th Street Kids.
Salvation
Donc nous apprenons dans le dernier épisode que le projet de Rick Flag est d’explorer les dimensions pour trouver un endroit adéquat où envoyer les méta-humains en exil. Elle répond au nom de Salvation et le concept est en fait tiré de la série Salvation Run de Bill Willingham et de Lilah Sturges. Revenons alors dessus.
Exiles in Paradise
Contrairement à ce que vous aurez pu lire sur la quasi totalité des sites qui en ont parlé, Salvation Run n’est pas simplement un pitch qui vient à l’origine de George RR Martin, mais ne leur en voulons pas, il est difficile de sortir un article 20 minutes après la sortie de l’épisode si l’on fait plus qu’un simple copié collé Wikipédia. En réalité Salvation Run était plus qu’une idée, ou un pitch, de Martin et de son ami et auteur John Jos. Miller. C’est bien un projet sur lequel ils avaient commencé à travailler. A l’époque (l’auteur ne nous donne pas de date, mais on est sans doute début 90), DC avait sa ligne Elseworlds dans laquelle les scénaristes et artistes pouvaient laisser libre court à leurs idées les plus folles (ou presque).
Alors, Martin et Miller proposent une idée assez simple à Andy Helfer, l’éditeur en charge de la ligne, l’Australie. Nommé Exiles in Paradise, l’intrigue aurait vu le monde se débarrasser de ses super-vilains en les transportant sur une autre planète avec aucune chance de revenir. Un pitch que Helfer adora et les deux auteurs se mettent donc à travailler sur ce qui aurait du être une série en dix numéros. Leur objectif était de profiter au maximum du statut d’elseworld pour proposer une histoire où il n’y aurait vraiment pas de retour en arrière. L’intrigue se serait déroulée sur des décennies on aurait vu les super-vilains se marier, avoir des enfants, se faire la guerre, avoir une chance de rédemption.
Une idée vraiment ambitieuse, mais totalement cohérente avec l’univers des auteurs, ils commencèrent donc l’écriture du premier numéro, tandis que Barry Kitson (JLA Année Un) était aux dessins. Toutefois, dès qu’ils commencèrent à concevoir le deuxième numéro, les dissensions étaient là avec Helfer. L’histoire était bien trop sombre pour lui, une dizaine de vilains mouraient dès le premier numéro (dont des vilains de première zone), il y avait des meurtres, du sexe. Choses qui étaient tout de même un peu attendu lorsque que l’on embauche l’auteur du Trône de fer. Finalement, Exiles in Paradise est annulé.
Cependant, quelques années plus tard, Dan DiDio arrive chez DC (2002) il prend la décision de sortir le projet du placard, mais en l’intégrant dans la continuité. Martin et Miller acceptèrent et le projet Salvation Run était né. Malheureusement, le duo se rendit très vite compte que ce qu’ils souhaitaient faire avec cette histoire n’était pas possible dans la continuité, DC n’accepteraient jamais de voir la quasi intégralité de ses vilains être tués. Ce qui était quand même leur idée originale. Ils finissent donc par abandonner le projet et c’est Bill Willingham qui se chargera de le reprendre en main.
La longue introduction étant maintenant faite, qu’est-ce que c’est Salvation Run ?
Salvation Run
En 2008, tandis que la série Countdown to Final Crisis a lieu, Bill Willingham et Lilah Sturges écrivent la mini-série en sept numéros Salvation Run. Celle-ci voit Amanda Waller et Rick Flag décider qu’ils en ont marre des super-vilains et qu’il est temps de les exiler sur une planète à des années lumière de la nôtre, sans possibilité de voyage retour. La planète, bien que jugée inoffensive par Checkmate et remplie de toutes les ressources nécessaires pour survivre est en fait remplie de créatures mortelles. Qui plus est, Desaad va cibler la planète pour en faire un lieu d’entraînement pour ses Paradémons. Très vite deux camps de super-vilains vont s’opposer, un sous la coupe de Lex Luthor et un deuxième sous la coupe du (évidemment) Joker.
Naturellement, les vilains finissent par réussir à s’échapper, tandis qu’une petite dizaine d’entre eux sont morts. Vous pouvez vous rendre ici pour voir les compositions des différents groupes.
Maintenant, la version du DCU promet d’être très différente, James Gunn le dit lui-même, il a surtout pris le concept de base. Maintenant, nous verrons comment les choses vont évoluer à ce niveau-là. La planète devrait réapparaitre dans Man of Tomorrow et devrait aussi être liée à l’intrigue de la série Lanterns.
Checkmate
Dans un second temps nous voyons Peacemaker, Adebayo, Adrian, Economos et Harcourt fonder l’agence Checkmate, accompagné des anciens agents d’Argus Judomaster, Fleury et Sacha Bordeaux.
Checkmate est une organisation créée par John Byrne, Paul Kupperberg et Steve Erwin en 1988 dans Action Comics #598. On trouve les prémisses de celle-ci dans The Agency, une organisation dirigée par Valentina Vostok (Negative Woman au sein de la Doom Patrol) qui avait comme objectif de surveiller les agissements de personnes costumées, dont Peacemaker, Vigilante, ou les membres de la Doom Patrol.
Cette organisation sera ensuite reprise par Harry Stein, un ancien flic new-yorkais, qui la renomme Checkmate pour refléter la structure de cette organisation. À l’origine l’organisation se consacre à la chasse des terroristes et du crime organisé. Par la suite, c’est Sarge Steel, un détective/espion créé par Pat Masulli chez Charlton Comics, qui prendra la tête de l’organisation, avant d’être remplacé par David Said, puis par Maxwell Lord. Durant l’arc OMAC Project celui-ci veut manipuler l’organisation pour pouvoir tuer tous les méta-humains, il sera arrêté par Wonder Woman qui le tuera.
Après les événements d’Infinite Crisis commence le run mythique de Greg Rucka. L’organisation est dissoute par le Président des États-Unis, mais elle est très vite ranimée par l’ONU, son but étant de surveiller les activités des méta-humains autour du globe. Sa nouvelle composition verra chaque membre de la “Famille royale” être composée d’un humain et d’un méta-humain. Taleb Beni Khalid (Roi noir), Sasha Bordeaux (Reine noire), Alan Scott (Roi blanc) et Amanda Waller (Reine blanche).
Au fil de la vie de l’organisation de nombreux personnages en ont fait partie, voici une liste non exhaustive : Deadshot, Deathstroke, Huntress, Mr. Terrific, Peacemaker.
Encore une fois, le Checkmate de Gunn devrait être bien éloigné de celui des comics. Déjà l’agence a littéralement pignon sur rue, donc difficile d’en faire une agence d’espionnage cachée dans l’ombre telle que dans les comics. Ici elle devrait plutôt se construire en opposition de tout ce que Amanda Waller, Rick Flag et Argus en général représente.





